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Mis à jour le 14 août 2026 par l'Équipe de broker-cfd.fr

Les marchés financiers sont aujourd'hui omniprésents : chaque journal télévisé consacre une rubrique à la Bourse, la presse spécialisée ne cesse de croître et l'essor des plateformes en ligne a démocratisé l'accès à l'investissement.

Ils restent pourtant complexes, avec des fonctions bien précises. Pour comprendre leur poids dans l'économie, il faut revenir sur la manière dont le financement s'est transformé, sur l'organisation concrète de la Bourse, puis sur la grande question théorique qui les traverse : les marchés sont-ils efficients ?

Ce que vous allez apprendre

  • Comment on est passé d'une économie d'endettement à une économie de marchés financiers.
  • Le rôle de la Bourse et l'organisation d'Euronext Paris.
  • Le fonctionnement du marché des actions et du marché des obligations.
  • La théorie de l'efficience de Fama et ses trois formes.
  • Les biais qui la remettent en cause et les crises qu'ils provoquent.

1. Du système bancaire aux marchés financiers

Les trois circuits de financement de l'économie

Le financement regroupe l'ensemble des moyens utilisés par un agent économique pour obtenir les capitaux nécessaires à son activité et à ses investissements. Certains agents disposent de capacités de financement (une épargne excédentaire, essentiellement les ménages), tandis que d'autres ont des besoins de financement (les entreprises, l'État, les administrations). L'objectif d'un système de financement est d'ajuster ces capitaux d'un agent à l'autre le plus efficacement possible, c'est-à-dire avec rapidité, simplicité et des coûts minimaux. On distingue trois grands circuits :

  • Le financement interne : l'autofinancement, quand une entreprise finance son développement avec ses propres bénéfices.
  • Le financement externe direct : les agents à capacité et à besoin de financement sont directement mis en relation sur un marché de capitaux.
  • Le financement externe indirect : des intermédiaires financiers comme les banques collectent les fonds disponibles et les redistribuent aux agents qui en ont besoin.

Le financement peut aussi passer par la création monétaire, mécanisme particulier puisqu'il ne fait pas intervenir d'agent à capacité de financement.

Le système français avant les mutations des années 1980

Pendant l'après-guerre, la France repose sur un système de financement externe indirect. La loi du 2 décembre 1945 instaure une forte spécialisation bancaire, qui bride la concurrence ; les réformes Debré (1966-1969) refondent ensuite l'appareil bancaire et intensifient l'activité de crédit. Le nombre de guichets se multiplie afin d'accroître les dépôts, base des ressources des banques, qui accordent des crédits aux entreprises : c'est l'intermédiation financière. Les banques, souvent nationalisées, assuraient alors près de 80 % des financements externes. L'État jouait un rôle central en encadrant le crédit et en fixant le coût du refinancement. On parle d'économie d'endettement.

Les mutations des années 1980 : les « 3 D »

La crise économique des années 1970, la lutte contre l'inflation, l'explosion des déficits publics et l'ouverture au commerce extérieur révèlent les limites d'un système cloisonné. Un vaste mouvement d'innovations financières se met alors en place, souvent résumé par les « trois D » :

  • Déréglementation : la loi bancaire du 24 janvier 1984 universalise les établissements de crédit, abolit les privilèges et renforce la concurrence. De nouveaux produits d'épargne et un marché monétaire ouvert aux entreprises (certificats de dépôt, billets de trésorerie) voient le jour.
  • Décloisonnement : les circuits de financement sont banalisés entre produits (titres, options, obligations), échéances (court ou long terme) et places financières, ce qui fluidifie les transferts de capitaux.
  • Désintermédiation : la part des intermédiaires diminue, les agents étant de plus en plus mis en relation directe sur les marchés. La titrisation se développe et le coût du financement baisse.

Le système de financement actuel

Depuis, le circuit de financement a profondément évolué. L'autofinancement reste prépondérant, mais les entreprises recourent de plus en plus aux marchés (émission d'actions et d'obligations) et un peu moins au crédit bancaire classique. La capitalisation boursière a été multipliée par plusieurs dizaines depuis les années 1980 et pèse désormais une part majeure du PIB français. Le secteur bancaire n'a pas disparu pour autant : son rôle s'est déplacé vers une intervention accrue sur les marchés. L'État, lui, finance sa dette par l'émission d'obligations d'État. La structure du financement s'est donc diversifiée, tout en donnant aux marchés financiers une place centrale : on est passé d'une économie d'endettement à une économie de marchés financiers.

2. L'organisation de la Bourse

Le marché financier, au sens large, est celui sur lequel se confrontent l'offre et la demande de capitaux à long terme. Pour être la plus efficace possible, cette confrontation se déroule en un lieu commun : la Bourse. On y échange principalement deux grandes catégories de valeurs mobilières, qui diffèrent par la nature des droits qu'elles confèrent : les actions et les obligations.

A) Le rôle de la Bourse

Quelle que soit son origine, la Bourse est d'abord un lieu de négociation et d'échange : elle met en présence les agents qui offrent des capitaux et ceux qui en demandent. Elle permet une allocation des ressources vers les secteurs qui en assurent l'utilisation la plus efficace, grâce à trois fonctions principales :

  • La liquidité : chaque détenteur de titres peut rapidement transformer son investissement en monnaie, donc se dégager d'une position jugée peu rentable.
  • L'évaluation : les titres sont en permanence évalués les uns par rapport aux autres, ce qui suppose une circulation fluide de l'information.
  • L'arbitrage : profiter d'un écart de cours d'une même valeur entre deux places en achetant sur la moins chère et en revendant sur la plus chère resserre les écarts et assure l'équilibre du marché.

Pour une efficacité optimale, les coûts de transaction doivent rester faibles et l'information être fiable, rapide et irréprochable sur le plan déontologique.

B) L'organisation d'Euronext Paris

La place de Paris, autrefois gérée par la Société des Bourses Françaises (SBF), fait aujourd'hui partie d'Euronext, née en 2000 de la fusion des Bourses de Paris, Amsterdam et Bruxelles, et qui regroupe désormais plusieurs places européennes. Les anciens « premier », « second » et « nouveau marché » ont laissé place à une organisation plus lisible :

  • Euronext (marché réglementé) : il accueille les plus grandes sociétés, réparties par capitalisation (compartiments A, B et C). L'admission suppose des obligations strictes de transparence et de contrôle des comptes.
  • Euronext Growth : un marché plus souple, pensé pour les PME et les entreprises à fort potentiel de croissance, avec des conditions d'accès allégées.
  • Euronext Access : la porte d'entrée pour les plus petites sociétés qui font leurs premiers pas en Bourse.

Cette segmentation adapte le niveau d'exigence à la taille et à la maturité des émetteurs, tout en offrant aux investisseurs des repères clairs sur le profil de risque.

C) Le fonctionnement : cotation en continu et carnet d'ordres

La Bourse est un marché réglementé qui fixe les conditions d'admission des titres, les techniques de cotation et les transactions. Le principe général est la confrontation des offres et des demandes conduisant à un prix unique : on dit que le marché est « dirigé par les ordres ». Depuis 1986, la cotation assistée en continu permet à tous les investisseurs un accès instantané au marché et une exécution quasi immédiate de leurs ordres. L'introduction d'un ordre provoque une variation instantanée du cours dès lors qu'existe une contrepartie, c'est-à-dire un ordre inverse ; à défaut, l'ordre est mis en attente dans le carnet d'ordres.

3. Le marché des actions

A) Qu'est-ce qu'une action ?

Une action est un titre cessible et négociable représentant une fraction du capital social d'une entreprise. Son détenteur devient actionnaire. On parle d'un revenu à valeur variable, car il dépend des résultats de l'entreprise. La détention d'actions confère trois grandes catégories de droits : un droit de vote à l'assemblée générale (proportionnel au nombre d'actions), un droit sur les bénéfices (les dividendes) et un droit sur l'actif social, c'est-à-dire sur le patrimoine de la société. Une société de capitaux émet des actions à sa création pour constituer son capital social, puis peut élargir ce capital tout au long de son existence en émettant de nouvelles actions.

Les indices boursiers, en mesurant l'évolution globale des valeurs, servent de référence pour apprécier la performance des investissements et donnent une approche de la santé d'une économie. Le CAC 40 est le principal indice de la Bourse de Paris : créé en juin 1988 sur une base 1 000 au 31 décembre 1987, il regroupe les plus grandes capitalisations de la place et est recalculé en continu.

B) Rentabilité et risque

Seul le cours auquel l'action se négocie est connu avec certitude. Le taux de rentabilité attendu ne peut être estimé qu'à partir d'une anticipation du prix futur du titre et des dividendes versés : investir est donc un acte risqué, puisque le futur est par définition incertain. Le risque varie fortement d'une valeur à l'autre : investir dans une grande société bien implantée ou dans une jeune pousse ne présente pas le même degré d'incertitude, les prévisions sur un grand groupe étant plus fiables.

Le coefficient bêta mesure la volatilité d'une action par rapport au marché et distingue deux types de risque : le risque lié à la société émettrice (activité, bénéfices, dividendes) et le risque lié au marché (conjoncture économique). Ce dernier dépend du secteur, de la structure des coûts, du niveau d'endettement et de la qualité de l'information fournie aux investisseurs.

4. Le marché des obligations

L'obligation est un titre de créance représentatif d'un emprunt contracté par une entreprise, une entité publique ou l'État. L'émetteur s'engage à rembourser les détenteurs à une échéance déterminée et à leur verser un intérêt (le coupon). L'obligation est négociable : elle est acquise à l'émission sur le marché primaire, puis peut s'échanger sur le marché secondaire. Le marché obligataire se caractérise par la forte présence de l'État en tant qu'émetteur.

Il existe de nombreuses formes d'obligations (convertibles, à coupon zéro, à taux variable…). Le contrat d'émission stipule la valeur nominale, la valeur de remboursement, la durée et le taux, qui peut être fixe, variable ou révisable. Un mécanisme essentiel relie le prix et le taux : lorsque les taux d'intérêt montent, le prix des obligations déjà émises baisse, et inversement. Le risque (financier, monétaire ou de taux) reste faible comparé au marché des actions, l'émetteur étant majoritairement l'État ou de grandes entreprises très surveillées ; en contrepartie, les rendements sont généralement plus modérés. Les obligations constituent ainsi une source de financement essentielle pour l'État et un placement relativement sûr pour les investisseurs.

5. La théorie de l'efficience des marchés

A) Le principe de Fama

L'efficience des marchés financiers est une théorie issue de la notion de marchés purs et parfaits. La première définition, formulée par Eugene Fama en 1965, énonce qu'un marché est efficient si et seulement si l'ensemble des informations disponibles concernant chaque actif coté est immédiatement intégré dans son prix. Pour aboutir à ce fonctionnement, cinq conditions doivent être réunies :

  • La rationalité des investisseurs : une information positive conduit à acheter, une information négative à vendre (anticipations rationnelles).
  • La libre circulation de l'information et la réaction instantanée des investisseurs, pour que le prix intègre aussitôt toute nouvelle donnée.
  • La gratuité de l'information, pour éviter qu'un coût dissuade certains d'agir.
  • L'absence de coûts de transaction susceptibles d'annuler les gains potentiels.
  • L'atomicité des investisseurs : aucun agent n'est assez gros pour, à lui seul, faire bouger les cours.

Il en découle qu'aucun investisseur ne peut durablement exploiter l'information pour « battre le marché » : c'est l'efficience informationnelle. Ces conditions étant rarement vérifiées, Michael Jensen a proposé en 1978 une définition assouplie : un marché est efficient si un investisseur ne peut, en achetant ou vendant un actif, en tirer un profit supérieur aux coûts de transaction engendrés.

B) Les trois formes de l'efficience

Selon la nature des informations prises en compte, on distingue trois degrés d'efficience :

  • La forme faible : on ne peut pas tirer parti des informations passées (les cours antérieurs) pour prévoir l'évolution future d'un actif. Les tests la valident globalement.
  • La forme semi-forte : on ne peut pas non plus profiter d'une information publique au moment où elle est diffusée, car le cours s'ajuste instantanément. Les tests sont ici plus mitigés, l'ajustement étant souvent rapide mais rarement immédiat.
  • La forme forte : même une information privilégiée (non publique) ne procurerait aucun avantage. Cette forme paraît invraisemblable : elle reviendrait à nier l'existence du délit d'initié.

C) La valeur fondamentale

De l'efficience informationnelle découle l'idée que le prix d'une action incorpore toute l'information disponible. En analysant les données économiques, comptables et financières d'une entreprise, on peut alors déterminer sa valeur fondamentale, par exemple en actualisant la somme de ses bénéfices ou dividendes futurs. En théorie, le prix de l'action devrait osciller autour de cette valeur intrinsèque. Un marché efficient serait donc un marché efficace : il remplirait sa fonction d'allocation optimale des ressources. Ce fonctionnement reste toutefois théorique, et de nombreux auteurs l'ont remis en cause.

6. La remise en cause de l'efficience

A) Une théorie difficilement applicable

Les conditions de Fama sont rarement réunies dans la réalité. Les plus improbables concernent l'information : il est difficile de la transmettre à tous les investisseurs au même moment, et elle n'est pas interprétée de la même façon par un professionnel aguerri et un particulier débutant. Le nombre d'épargnants investissant sans connaissances financières de base ne cesse de croître, ce qui accroît les décalages de réaction. Il paraît aussi utopique de penser que les investisseurs disposant d'énormes portefeuilles (fonds de pension, grands gérants) n'utilisent jamais leur poids pour influencer les cours. Enfin, la rationalité des agents n'est pas garantie : besoin de liquidité, incompréhension ou émotions peuvent les faire dévier d'un comportement cohérent.

B) Les biais et mécanismes qui contrarient l'efficience

La finance comportementale a mis en évidence plusieurs mécanismes qui éloignent les marchés de leur fonctionnement théorique :

  • Le mimétisme : un agent imite les décisions des autres plutôt que de se fier à sa propre analyse. Pour Keynes, c'est un comportement rationnel lorsqu'on se juge moins bien informé que les autres. Il remet en cause l'atomicité, car l'action d'un agent « de référence » influence tout le marché.
  • L'autovalidation (anticipations autoréalisatrices) : une croyance se concrétise du seul fait que les agents y croient. Si une majorité pense que le dollar va monter et l'achète, cet achat fait effectivement monter le dollar, que la croyance soit fondée ou non.
  • Le price momentum : la performance récente d'un actif a tendance à se prolonger, comme si les cours n'intégraient que lentement l'arrivée de nouvelles informations. La réaction s'étale dans le temps, ce qui permet de tirer un gain des tendances passées.
  • La surréaction : un excès d'optimisme ou de pessimisme pousse les prix trop loin, avant une correction. Elle accroît la volatilité des cours.
  • La sous-réaction : à l'inverse, l'information est sous-estimée et le prix s'ajuste progressivement dans les mois qui suivent, au bénéfice de ceux qui ont réagi tôt.

Toutes ces tendances relèvent de faits observés et rendent le marché moins efficace, puisqu'il semble possible de dégager des profits en jouant sur les erreurs de marché.

7. Les conséquences : bulles spéculatives et krachs

A) Les bulles spéculatives

Une bulle spéculative est l'écart durable entre le prix de marché d'un actif et sa valeur fondamentale. Elle contredit frontalement l'hypothèse d'efficience, selon laquelle le prix doit refléter les revenus futurs de l'entreprise. Sa formation résulte du mimétisme et de l'autovalidation : quelques agents anticipent une hausse et achètent, ce qui fait monter le cours et valide leur prévision ; les autres suivent, provoquant l'emballement. Le prix diverge alors de la réalité économique de l'entreprise.

Les bulles sont dangereuses parce qu'elles ne reposent pas sur des valeurs réelles et peuvent éclater à tout moment. Les plus touchés ne sont pas les spéculateurs entrés tôt, qui allègent leurs positions à temps, mais les particuliers, informés plus tard, qui achètent au moment où les initiés vendent et « prennent » toute la baisse. Le danger dépasse la sphère financière : une part croissante de la richesse et de la consommation des ménages dépend des marchés, si bien qu'un krach peut se propager à l'économie réelle sous forme de baisse de la production et de hausse du chômage.

B) Quelques exemples de krachs

L'histoire financière est jalonnée d'épisodes qui illustrent cette remise en cause de l'efficience :

  • 1929 : après une période d'euphorie et de crédit facile, le krach de Wall Street voit les cours chuter de près de 90 % en trois ans, mettant un quart de siècle à retrouver leur niveau. Il débouche sur la Grande Dépression.
  • 2000 - la bulle Internet : la confiance aveugle dans les start-up de la « nouvelle économie » avait porté des valorisations sans rapport avec les bénéfices. L'éclatement de la bulle fait plonger le NASDAQ à partir du printemps 2000.
  • 2008 - la crise des subprimes : une bulle immobilière américaine, alimentée par des crédits à risque titrisés, provoque la faillite de Lehman Brothers et la plus grave crise financière depuis 1929.
  • 2020 - le krach du Covid : la pandémie déclenche une chute brutale et mondiale des marchés en quelques semaines, suivie d'un rebond tout aussi rapide grâce à l'intervention des banques centrales.
  • 2021 - l'épisode GameStop : la flambée d'un titre poussé par une communauté d'investisseurs particuliers illustre, à l'ère des réseaux sociaux, la puissance du mimétisme et des anticipations autoréalisatrices.

Ces exemples montrent que les marchés n'ont pas toujours un comportement cohérent avec la situation économique réelle. Leur forte volatilité et la transmission des crises à la sphère réelle rappellent l'importance de la régulation et de la vigilance de l'investisseur.

8. Comment se repérer dans l'organisation des marchés en 4 étapes

1
Identifier le besoin de financement
Comprendre qui cherche des capitaux (entreprise, État) et qui les apporte (épargnants, investisseurs institutionnels).
2
Choisir le bon marché
Distinguer le marché des actions (propriété et rendement variable) du marché des obligations (créance et revenu fixe), selon son horizon et sa tolérance au risque.
3
Comprendre la formation du prix
Le cours résulte de la confrontation des ordres d'achat et de vente ; en théorie, il reflète la valeur fondamentale de l'actif.
4
Garder à l'esprit les limites de l'efficience
Mimétisme, bulles et surréaction rappellent que le marché peut s'écarter durablement de la réalité économique.
Atouts d'un marché efficient
  • Allocation optimale des capitaux vers les projets les plus productifs
  • Liquidité : entrer et sortir d'un investissement facilement
  • Des prix qui reflètent l'information disponible
  • Coûts de financement réduits pour les entreprises et l'État
Limites observées
  • Information ni gratuite, ni instantanée, ni comprise de tous
  • Biais comportementaux : mimétisme, sur- et sous-réaction
  • Bulles spéculatives et krachs récurrents
  • Transmission des crises financières à l'économie réelle

9. Conclusion

Les difficultés économiques des années 1970 et la mondialisation ont poussé les autorités à adopter un mode de financement jugé plus efficace : l'économie de marchés financiers. La Bourse en est le moteur, avec un marché des actions volatil et un marché des obligations plus sûr. Le bon fonctionnement de cet ensemble repose sur le principe d'efficience, qui s'avère pourtant difficilement applicable en raison des coûts, des imperfections de l'information et surtout du comportement des investisseurs. Ces biais engendrent des bulles et parfois des krachs, dont les conséquences se répercutent sur l'économie réelle et donc sur les ménages.

Comprendre l'organisation et l'efficience des marchés est donc essentiel avant d'investir : cela permet de mesurer les opportunités qu'ils offrent, mais aussi les risques qu'ils comportent. Un investisseur averti sait que les marchés sont à la fois un formidable outil d'allocation du capital et un espace où l'émotion et le mimétisme peuvent, à tout moment, éloigner les prix de la réalité.

FAQ - Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un marché financier ?
Un marché financier est le lieu, aujourd'hui essentiellement électronique, où se confrontent l'offre et la demande de capitaux à long terme. Il met en relation les agents qui disposent d'une épargne (ménages, investisseurs) et ceux qui ont besoin de capitaux (entreprises, État). On y échange principalement des actions et des obligations.
Quelle différence entre une action et une obligation ?
Une action est une part du capital d'une entreprise : l'actionnaire est copropriétaire et perçoit un revenu variable (les dividendes). Une obligation est un titre de créance : le détenteur a prêté de l'argent et perçoit un intérêt fixe (le coupon), avec un risque plus faible mais un rendement généralement moindre.
Qu'est-ce que la théorie de l'efficience des marchés ?
Formulée par Eugene Fama en 1965, elle affirme qu'un marché est efficient si le prix de chaque actif intègre immédiatement toute l'information disponible. Dans ce cas, aucun investisseur ne peut durablement « battre le marché », puisque les cours reflètent déjà tout ce que l'on sait.
Quelles sont les trois formes d'efficience ?
La forme faible (les cours passés ne permettent pas de prévoir l'avenir), la forme semi-forte (l'information publique est immédiatement intégrée) et la forme forte (même l'information privilégiée ne procure aucun avantage). La forme faible est la mieux validée par les tests, la forme forte la plus contestée.
Pourquoi les marchés ne sont-ils pas toujours efficients ?
Parce que ses conditions sont rarement réunies : l'information n'est ni gratuite, ni instantanée, ni comprise de la même façon par tous. S'y ajoutent des biais comportementaux comme le mimétisme, les anticipations autoréalisatrices, la sur- et la sous-réaction, qui éloignent les prix de la valeur fondamentale.
Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ?
C'est un écart durable entre le prix de marché d'un actif et sa valeur réelle. Portée par le mimétisme, la hausse s'auto-entretient jusqu'à devenir intenable, puis la bulle éclate. Les particuliers, informés tardivement, en subissent le plus souvent les pertes les plus lourdes.
Comment fonctionne la Bourse de Paris aujourd'hui ?
La Bourse de Paris fait partie d'Euronext. Les sociétés y sont réparties entre le marché réglementé (compartiments A, B et C selon la capitalisation), Euronext Growth (PME) et Euronext Access (petites sociétés). Les échanges se font en cotation continue : chaque ordre modifie instantanément le cours dès qu'une contrepartie existe.
Qu'est-ce que le CAC 40 ?
Le CAC 40 est le principal indice de la Bourse de Paris. Créé en juin 1988 sur une base 1 000 (au 31 décembre 1987), il regroupe 40 des plus grandes capitalisations de la place et sert de baromètre de l'économie française. Il est recalculé en continu tout au long de la séance.
Pourquoi le prix d'une obligation baisse-t-il quand les taux montent ?
Parce que le coupon versé est fixe. Si les taux du marché montent, les nouvelles obligations offrent un meilleur rendement ; pour rester compétitive, une obligation ancienne voit donc son prix baisser afin que son rendement effectif s'aligne sur les nouveaux taux. Le mouvement est inverse quand les taux baissent.
Comment est-on passé d'une économie d'endettement à une économie de marchés ?
Dans les années 1980, les « trois D » (déréglementation, décloisonnement, désintermédiation) ont ouvert et modernisé le système financier français. Les entreprises et l'État se financent depuis davantage sur les marchés, par émission d'actions et d'obligations, et un peu moins par le crédit bancaire classique.

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