
Mis à jour le 14 août 2026 par l'Équipe de broker-cfd.fr
Le VIX, ou Chicago Board Options Exchange Volatility Index, est surnommé « l'indice de la peur ». Publié par le Cboe, il mesure la volatilité que les marchés anticipent sur l'indice américain S&P 500 pour les 30 jours à venir. C'est l'un des baromètres les plus suivis au monde pour évaluer le niveau de stress et de nervosité des investisseurs.
Le VIX ne suit pas le prix d'une action ou d'un indice : il quantifie la volatilité implicite déduite du prix des options sur le S&P 500. En clair, il traduit en un seul chiffre l'ampleur des variations que les opérateurs s'attendent à voir sur les grandes actions américaines dans le mois à venir.
Exprimé en pourcentage annualisé, un VIX à 20 signifie que le marché anticipe une variation annuelle d'environ 20 % (à la hausse comme à la baisse) sur le S&P 500. Comme il repose sur les options, le VIX reflète à la fois la peur d'une baisse et la demande de couverture des investisseurs : il grimpe quand l'incertitude augmente et retombe quand le calme revient.
Un niveau élevé du VIX traduit un degré d'instabilité important : les prix oscillent fortement autour de leur moyenne (gaps d'ouverture conséquents, fortes variations intraday). Plus la valeur de l'indice est forte, plus la nervosité et le pessimisme des marchés sont élevés. Une faible valeur, à l'inverse, indique un relatif optimisme.
Ce n'est pas tant la valeur absolue de l'indice qui compte que sa variation. Si l'indicateur augmente, les marchés deviennent pessimistes ; à l'inverse, une baisse du VIX indique que les traders sont optimistes sur l'avenir des marchés financiers. Le VIX progresse d'ailleurs fortement lorsque le marché se retourne à la baisse dans une tendance baissière confirmée : c'est pourquoi on l'appelle l'indice de la peur.
À l'inverse, un niveau faible laisse présager une période de stabilité, où les prix varient peu autour de leur moyenne. Dans un marché haussier durable, le VIX reste généralement bas.
| Niveau du VIX | Interprétation | Climat de marché |
|---|---|---|
| Inférieur à 12 | Volatilité très faible | Marché calme, parfois signe d'excès de confiance |
| 12 à 20 | Volatilité normale | Conditions habituelles, tendance haussière possible |
| 20 à 30 | Volatilité élevée | Nervosité croissante, incertitude |
| 30 à 40 | Forte peur | Correction ou tension marquée sur les marchés |
| Supérieur à 40 | Panique | Krach, crise ou choc majeur |
Ces seuils sont indicatifs : la « normale » du VIX évolue selon les périodes. Sur le long terme, sa moyenne se situe autour de 19-20.
Le VIX est calculé à partir de la moyenne des volatilités implicites des options d'achat (Call) et des options de vente (Put) sur l'indice S&P 500. Il estime la volatilité attendue du S&P 500 pour les 30 prochains jours, à partir d'un large éventail de prix d'exercice.
La volatilité d'un indice boursier mesure l'amplitude des variations attendues (plus hauts et plus bas) autour de son rendement moyen : elle reflète autant l'espérance de gain que le risque. Le VIX transforme cette information, dispersée dans le marché des options, en une valeur unique et lisible.

Depuis 2014, le Cboe publie également le VIX en dehors des heures d'ouverture classiques, ce qui permet de suivre la volatilité attendue quasiment en continu.
Le VIX reste la plupart du temps dans une fourchette basse, entrecoupée de pics violents lors des crises. Son plus haut niveau en séance reste 89,53, atteint le 24 octobre 2008 au cœur de la crise financière. Voici les épisodes les plus marquants :
| Épisode | Date | Pic (intraday) | Cause |
|---|---|---|---|
| Crise financière | 24 octobre 2008 | 89,53 | Faillite de Lehman Brothers, crise des subprimes |
| Krach du Covid-19 | 18 mars 2020 | 85,47 | Pandémie mondiale (clôture record à 82,69 le 16 mars) |
| Débouclage du yen | 5 août 2024 | 65,73 | Dénouement des carry trades sur le yen japonais |
| Guerre commerciale | 7 avril 2025 | ~60 | Annonce des droits de douane américains (clôture à 52,33 le 8 avril) |
Ces pics ont un point commun : ils montent brutalement puis retombent presque aussi vite. Après le choc d'avril 2025, par exemple, le VIX est repassé sous 20 en quelques semaines pour retrouver un régime calme d'ici la fin de l'année.
Le VIX est un indice : il ne s'achète pas directement comme une action. Les traders l'utilisent surtout comme signal de marché, mais il est aussi possible de s'exposer à la volatilité via des produits dérivés. Voici les étapes clés pour l'intégrer à une stratégie.
Le VIX et le S&P 500 évoluent presque toujours en sens opposé. Quand les actions chutent, la demande de protection (options de vente) explose, ce qui fait grimper la volatilité implicite et donc le VIX. À l'inverse, dans un marché haussier calme, le VIX reste bas.
Cette relation inverse fait du VIX un outil de couverture apprécié : une exposition à la volatilité peut compenser une partie des pertes d'un portefeuille actions en cas de choc. Attention toutefois : la corrélation n'est pas parfaite et les produits liés au VIX subissent souvent un coût de portage (contango) qui érode la performance dans la durée.
Pour suivre le VIX en temps réel, vous pouvez consulter la page officielle du Cboe ou des fournisseurs de données financières :
Le VIX est bien plus qu'un simple chiffre : c'est le thermomètre de la peur des marchés. En surveillant son niveau et surtout sa variation, un trader peut mieux anticiper les phases de stress, ajuster son exposition et couvrir son portefeuille. Il reste toutefois un instrument à manier avec prudence : sa volatilité extrême et le coût des produits dérivés associés en font un outil réservé aux investisseurs avertis.