
Mis à jour le 31 août 2026 par l'Équipe de broker-cfd.fr
Les réseaux de croisement (crossing networks) sont des systèmes de trading alternatifs (ATS) qui offrent un lieu de négociation alternatif aux bourses traditionnelles.
Ils offrent une plateforme où les acheteurs et les vendeurs peuvent échanger directement des actifs, en supprimant les intermédiaires.
La fonction première d'un crossing network est de faire correspondre les ordres d'achat et de vente sans les faire passer par une bourse publique. Cela signifie que le prix de l'actif n'est pas influencé par l'activité boursière publique. Au lieu de cela, les crossing networks utilisent généralement un prix de référence provenant d'un autre marché, souvent le point médian entre le cours acheteur et le cours vendeur.
Les réseaux de croisement privilégient l'anonymat, ce qui permet aux traders de dissimuler leurs ordres au public. Cela peut être intéressant pour les grands traders institutionnels qui ne veulent pas que leurs transactions fassent bouger le marché.
Étant donné que les transactions sont exécutées en interne, les crossing networks ne contribuent pas à la volatilité des prix sur le marché en général.
En appariant directement les ordres, les réseaux de croisement peuvent souvent offrir de meilleurs prix que ceux disponibles sur les bourses publiques.
En l'absence d'intermédiaires, les crossing networks ont généralement des frais moins élevés que les bourses traditionnelles.
On parle de réseau de croisement parce qu'il facilite le "croisement" des ordres d'achat et de vente directement entre les parties, sans passer par les bourses publiques traditionnelles.
Les réseaux de croisement ne sont pas tous identiques. Examinons les principaux types de réseaux :
Certains crossing networks s'adressent exclusivement aux grands investisseurs institutionnels, tels que les fonds de pension et les fonds spéculatifs. Ces réseaux gèrent des blocs de transactions massifs et privilégient l'anonymat.
D'autre part, ils ouvrent leurs portes aux investisseurs individuels, bien qu'ils puissent avoir des exigences plus élevées en matière de minimum d'ordres que les bourses publiques.
Certains crossing networks sont gérés par des sociétés de courtage comme un service à valeur ajoutée pour leurs clients. D'autres sont des entités indépendantes qui offrent une plateforme neutre permettant à plusieurs courtiers et à leurs clients d'interagir.
Le choix de l'un ou l'autre dépend souvent des relations que vous entretenez avec les courtiers et des caractéristiques spécifiques que vous recherchez.
De nombreux réseaux de croisement traitent un large éventail de titres, mais certains se spécialisent dans des catégories d'actifs spécifiques, comme les actions, les titres à revenu fixe ou les produits dérivés. Ces réseaux spécialisés peuvent offrir une plus grande liquidité et des algorithmes de trading adaptés à leur créneau particulier.
Les réseaux de croisement ont un mode de fonctionnement unique par rapport aux bourses publiques. Voyons comment ils fonctionnent :
Ils utilisent des algorithmes spécifiques pour apparier les ordres d'achat et de vente. Ces algorithmes prennent en compte des facteurs tels que le prix, le volume et l'heure à laquelle l'ordre a été passé. Certains algorithmes donnent la priorité à l'amélioration du prix, tandis que d'autres s'attachent à maximiser le nombre d'actions exécutées.
Les croisements peuvent avoir lieu en continu tout au long de la journée de trading ou être programmés à des moments précis. Les croisements continus offrent une plus grande flexibilité, mais ne garantissent pas nécessairement la plus grande taille de transaction possible. Les croisements programmés, en revanche, concentrent la liquidité à des intervalles spécifiques, ce qui peut conduire à des exécutions plus importantes.
Ils sont conçus pour protéger l'identité des traders. Ils utilisent diverses techniques telles que l'agrégation des ordres ou l'exécution aléatoire des ordres pour empêcher quiconque de déchiffrer qui achète ou qui vend. Cette confidentialité est particulièrement importante pour les traders institutionnels qui veulent éviter de révéler leurs stratégies et d'influencer le marché.
La réglementation est un sujet central lorsqu'il s'agit de réseaux de croisement. Bien qu'ils offrent des avantages uniques, ils présentent également certains défis d'un point de vue réglementaire.
Les crossing networks relèvent généralement de la compétence des autorités de régulation des marchés financiers, comme la Securities and Exchange Commission (SEC) aux États-Unis ou, en Europe, l'ESMA et les régulateurs nationaux tels que l'AMF en France. Ils doivent s'enregistrer en tant que systèmes de trading alternatifs (ATS) et se conformer à diverses règles destinées à promouvoir des marchés équitables et ordonnés. Ces règles couvrent des domaines tels que la déclaration des transactions, la meilleure exécution et la manipulation du marché.
L'un des plus grands défis auxquels sont confrontés les réseaux de croisement est de trouver un équilibre entre leur anonymat inhérent et le besoin de transparence du marché. Les régulateurs tiennent à s'assurer que ces réseaux ne deviennent pas des refuges pour les délits d'initiés ou d'autres activités illicites. La recherche d'un juste équilibre entre la protection de la vie privée et la transparence fait l'objet d'un débat permanent.
Une autre préoccupation est le risque de conflits d'intérêts, en particulier dans les réseaux de croisement gérés par des courtiers. Les régulateurs veillent à ce que les courtiers ne privilégient pas leurs propres intérêts au détriment de ceux de leurs clients lors de l'appariement des ordres.
Les régulateurs utilisent de plus en plus d'outils de surveillance sophistiqués pour contrôler l'activité de trading des crossing networks et détecter tout signe d'abus de marché.
La négociation « dans le noir » (dark trading) au prix médian, qui est le cœur du fonctionnement des réseaux de croisement en Europe, s'appuie sur la dérogation au prix de référence (reference price waiver) prévue par la réglementation MiFIR.
Depuis le mois d'octobre 2025, dans le cadre de la révision de MiFID II / MiFIR, l'ancien double plafond de volume (double volume cap : 4 % par plateforme et 8 % à l'échelle de l'Union) a été remplacé par un plafond unique de volume (single volume cap) fixé à 7 % du volume total négocié sur un instrument dans l'ensemble de l'Union européenne.
Concrètement, lorsqu'un titre dépasse ce seuil de 7 %, la négociation au prix de référence et la dérogation pour transactions négociées sont suspendues pour cet instrument. Ce changement, qui concerne aussi bien les investisseurs français qu'européens, vise à renforcer la transparence des marchés « lit » (ouverts) tout en simplifiant le suivi de la liquidité échangée hors bourse. L'ESMA publie et met à jour les instruments concernés par ces suspensions.
En parallèle, l'Union européenne poursuit la mise en place d'une bande de consolidation (consolidated tape), un flux de données unique regroupant les prix et volumes de l'ensemble des plateformes, afin d'améliorer la comparaison des exécutions entre marchés ouverts et systèmes alternatifs.
Pour un investisseur, l'accès à un réseau de croisement passe généralement par un intermédiaire agréé. Voici les principales étapes :
Les réseaux de croisement (ATS) occupent une place importante dans l'écosystème financier moderne : ils permettent d'échanger d'importants volumes de titres en toute discrétion, au prix médian et à moindre coût. Cette confidentialité s'accompagne toutefois d'un cadre réglementaire de plus en plus strict, comme le montre l'entrée en vigueur du plafond unique de volume de 7 % en octobre 2025. Pour l'investisseur, comprendre le fonctionnement et les limites de ces réseaux est essentiel avant de chercher à y accéder, idéalement par l'intermédiaire d'un courtier régulé.
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