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Les CFD défient les ETFs sur le marché des indices

Un an après le lancement en France des « contracts for difference », le succès est là. Leurs promoteurs les présentent comme une alternative aux ETFs sur indice.

Les CFDs une alternative aux ETF sur indices

Les particuliers se laissent-ils séduire par le CFD (contract for difference) ? C’est en tout cas ce qu’affirment les intervenants de ce marché. Agréé en France en novembre 2007 - date à laquelle la directive MIF (Marchés d’instruments financiers) qui œuvre pour une harmonisation des marchés financiers établit le CFD comme un standard international en matière de produits dérivés à effet de levier -, cet instrument a pour objet de capter la différence, donc la variation (entre le cours d’ouverture et le cours de clôture de la Bourse) d’un sous-jacent, que ce soit une action, un indice, une matière première ou encore une devise, sans jamais le détenir.

Et les investisseurs se sont effectivement montrés plutôt intéressés. le nombre de passations d’ordres n’a cessé de croître. « Les montants traités sur indices ont été de 1,8 milliard d’euros en août, soit plus que certificats et warrants réunis qui n’atteignent pas le milliard d’euros échangés »

Effet de levier

Mais la comparaison va jusqu’à mettre en balance les CFD sur indices, qui représentent près de 50 % du chiffre d’affaires des brokers CFD avec un produit particulièrement bien implanté dans le paysage français, les ETF (exchange traded funds) autrement appelés trackers. « Ces dérivés s’installent comme une alternative aux ETF ». Une alternative peut être, mais pas un substitut.

Juridiquement tout d’abord, un ETF est un OPCVM dont la cotation passe par un marché réglementé, alors que le CFD est un contrat négocié de gré à gré avec un promoteur de services financiers. Structurellement ensuite. Là où l’ETF est un produit qui suit pas à pas la performance de l’indice, le CFD est un produit à effet de levier pouvant aller jusqu’à 20 fois la mise de départ, en fonction du sous-jacent. Permettant de multiplier d’autant les gains, mais aussi les pertes. Le couple rendement/risque n’est donc pas le même pour les deux produits.

Et surtout, ce dérivé donne la possibilité à l’investisseur de vendre à découvert et de « tirer profit d’une variation des cours à la baisse », développe Pierre-Antoine Dusolier, président de Saxo Banque, tout nouvel acteur à se concentrer sur le secteur des CFD en France. « La valeur d’un ETF ne peut être négative, alors qu’avec un CFD, l’investisseur peut perdre plus que la somme initiale investie du fait des appels de marge, explique Isabelle Boursier, responsable des ETF chez Lyxor. Par ailleurs, en cette période de fortes inquiétudes des investisseurs sur le risque de contrepartie, il est utile de rappeler que les actifs des OPCVM sont la propriété des porteurs de parts et non de l’établissement gérant. »

Point commun, cette fois-ci, entre ces deux véhicules, ils se comportent comme leur sous-jacent. Or, le détenteur d’un CFD sur CAC 40 et celui investi sur le Lyxor ETF CAC 40, par exemple, recevront-ils la même performance ? « Un ETF est une valeur mobilière frappée de droits un peu plus élevés qui viennent amputer d’autant le rendement servi, compare le président de Saxo Banque. Alors que les frais de transaction d’un CFD sont inclus dans le cours d’achat et de vente (‘spread’), l’investisseur exposé sur un ETF devra payer, en plus des frais de gestion de l’émetteur, des commissions à Euronext qui organise la cotation de ces produits. »

Cotation en continu

Au-delà de quelques centimes de différence, les heures de passation des ordres diffèrent considérablement. Un particulier exposé sur un ETF peut en effet traiter ses ordres entre 9h05 et 17h35, plage horaire correspondant aux heures d’ouverture de la Bourse. Ainsi, après 17h35, il devra attendre le lendemain matin pour passer un nouvel ordre. Avec un CFD, la cotation est assurée 24 heures sur 24 et jusqu’à la fermeture du marché des dérivés (par exemple 21h55 pour le CAC 40) du côté de Saxo Banque. « L’exécution de l’ordre est immédiate et les gains ou les pertes crédités ou débités en temps réel. En revanche, comme nous ne pouvons pas nous couvrir contre le risque de marché au-delà de la fermeture du marché des ‘futures’, la transaction sera plus coûteuse pour l’investisseur final (0,15 % contre 0,05 % la journée). »

Si ces nouveaux acteurs, qui donnent accès à une quinzaine de grands indices chacun (CAC, DAX, FTSE, Dow Jones…) paraissent convaincus de la pertinence de leurs produits sur indice par rapport à un ETF indiciel, ils semblent reconnaître l’avantage des trackers « sophistiqués ». Ceux-là mêmes dont l’objectif ne se borne pas à répliquer un indice boursier

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