Trading systématique vs trading discrétionnaire. N’investissez plus au hasard !
Par Jérôme Vinerier pour Moneyweek, le 28 avril 2010
En tant que trader/investisseur, quelle approche avez-vous développée pour intervenir sur les marchés ?
Le trading discrétionnaire
Le mode dit “discrétionnaire” constitue l’attitude la plus répandue et employée, avant tout car c’est celle qui est la plus naturelle.
Le principal avantage de cette approche est qu’elle offre une liberté totale à l’intervenant, celui-ci décidant en fonction de ses propres critères quelle stratégie appliquer à son portefeuille, selon son propre jugement (qu’il bâtit certes à partir de ses lectures financières, de son intuition ou expérience, de ses consultations sur les forums boursiers), et ce quelle que soit la méthode employée (analyse technique ou analyse fondamentale).
Bien qu’elle permette d’offrir de bons résultats lorsque le trader/investisseur est en phase avec le marché, cette très grande souplesse cache toutefois un effet pervers, dans la mesure où elle fait reposer une part importante des résultats sur les décisions prises par le trader, avec le risque bien connu de voir ses émotions (comme l’euphorie, la panique, la cupidité) interférer, impliquant une cyclicité des résultats et un impact certain sur le mental du trader/investisseur.
Le trading systématique
L’approche dite “systématique”, pour sa part, tend à déterminer de façon rigoureuse et quantifiée le choix des titres, le sens et le niveau d’intervention, et ce à partir de critères précis.
L’avantage de cette approche est qu’elle réduit grandement l’intervention de l’humain (parfois à zéro, dans le cas de systèmes totalement automatisés) et donc les perturbations potentielles de celui-ci, telles que le biais (haussier ou baissier), la prise de décision sous le coup de l’émotion, l’attachement à certaines valeurs… C’est en effet le système informatique qui va transmettre les instructions de trading après analyse.
Bien sûr, l’auteur du système de trading reste humain ; mais une fois le système conçu et lancé, l’intervention humaine avec ses faiblesses évidentes est réduite au minimum. De plus, un "backtest" permet de mesurer sur les données passées les résultats qu’une telle approche appliquée à la lettre aurait générés. Il faut néanmoins être suffisamment discipliné et confiant en sa méthode afin de respecter les signaux du système, car décider de ne pas le suivre reviendrait à repasser à un mode discrétionnaire.
Plusieurs approches sont cependant basées sur le trading systématique, mais laisse un certain degré de souplesse (par exemple, les niveaux d’intervention et les stops sont déterminés par l’ordinateur, tandis que le choix concret entre deux signaux générés en même temps peut demeurer dans le domaine de la décision humaine, après tout un portefeuille ne peut pas suivre tous les signaux générés, il faut bien les choisir !). De surcroît, l’investisseur peut croiser les signaux générés par le système de trading informatique avec par exemple l’analyse graphique.
Quelle approche vous correspond le mieux ?
Chaque intervenant doit décider quelle approche correspond le mieux à sa psychologie, car il est important qu’il soit à l’aise et confiant dans la gestion de ses actifs. L’essentiel est en tout cas qu’il ait une stratégie bien claire, car nombre d’intervenants font à l’inverse n’importe quoi : tradent au hasard de leurs lectures ou prétendus “tuyaux” glanés sur des forums Internet, etc.
Quelle que soit l’approche retenue, veillez aussi à prendre constamment en considération l'aspect de gestion du risque. Il s’agit là d’un élément capital et indispensable à intégrer à son approche, car aucune des approches ou méthodes boursières ne vous permettra jamais d’échapper à des séries de pertes. Celles-ci sont inévitables, et seule l’application stricte de règles de money management vous permettra de vous mettre à l’abri d’une faillite : comme dit l’adage, l’essentiel est d’être toujours là le lendemain !
Il est ainsi fortement recommandé de ne jamais risquer plus de 2% de son capital sur aucune opération, ce qui oblige d’avoir une diversification minimale de son portefeuille (mais pas trop non plus !) et de placer des ordres stop.